Entretien
avec Bernard Demptos

L’histoire de Texaa commence en 1979. Je souhaitais quitter le groupe de produits pharmaceutiques qui m’employait quand un ami m’a parlé d’une très ancienne maison qui fabriquait, depuis une centaine d’années, de la passementerie – pompons, rubans, etc.

– pour fournir les industries de pantoufles et de sandales régionales, et des textiles “ouverts”, très lourdement apprêtés, utilisés en maroquinerie – sacs, cabas, etc. Comme ces textiles étaient plus ou moins transparents au son, on les avait associés aux premières mousses de polyuréthane souple pour créer des sortes de “tapisseries acoustiques”. Mais l’industrie de la chaussure, en s’écroulant, venait d’entraîner la chute de l’entreprise… J’ignorais alors tout de l’acoustique, mais le domaine me semblait intéressant. J’avais l’intuition qu’en m’appuyant sur le savoir-faire de cette entreprise, je tenais le moyen de m’inscrire dans le monde de la construction en apportant une contribution réelle et mesurable. J’ai donc repris cet établissement qui venait de fermer sans chercher à reconstruire son activité principale, mais avec le projet d’y développer du textile acoustique.

 

de la tapisserie à l’objet

Nos premières productions se présentaient sous la forme d’une gamme de revêtements muraux qui a permis à l’entreprise de croître durant les dix premières années. Mais j’ai très vite constaté que les architectes se détournaient de l’habillage des murs par le textile. “On ne peut vraiment pas faire autrement?”, me demandait-on sans cesse. Des essais avaient été menés aux États Unis à partir de parallélépipèdes en mousse de verre fixés aux murs de piscines. Nous nous en sommes inspirés pour développer une approche du traitement acoustique par l’objet. Puis une nouvelle mousse est apparue, très légère, très absorbante, et d’un coût de revient très inférieur aux mousses que nous employions jusque-là. C’est ainsi que nous avons commencé à travailler des panneaux très épais, que l’on pourrait placer sur les murs ou au plafond, sans recouvrir des surfaces entières. Mais passer de la tapisserie à l’objet représente un changement conceptuel assez fort : nous avons tâtonné, guidés par les lois de l’acoustique, pour définir quels objets produire et comment le faire.

l’exigence et la rigueur

Les premiers textiles sortis de nos ateliers avaient été utilisés à la Maison de la Radio, à Paris, pour servir d’enveloppe à des installations acoustiques. Depuis lors, Texaa continuait à faire mesurer ses produits par les laboratoires d’essais de l’ORTF, alors considérés comme les plus performants. Mais quand nous avons commencé à nous intéresser aux objets, le problème s’est complexifié: il s’agissait de comprendre leur fonctionnement dans l’espace.
Nous avons donc construit notre laboratoire d’essais pour être capables de conduire nos propres tests. En proposant cette solution de traitement acoustique par l’objet, nous devenions progressivement des interlocuteurs significatifs pour les architectes. De grossières “rustines à bruit” qu’ils étaient du début, ces objets se sont petit à petit raffinés, leur mode d’utilisation s’est progressivement diversifié et nous avons construit une vraie
gamme.
Certains architectes nous ont fait bouger – c’est une chose qui arrive très régulièrement. Je pense notamment – mais il y en a bien d’autres – à Daniel et Patrick Rubin, à Frédéric Druot qui est l’un des premiers à nous avoir déclaré: “Mais enfin, ce que vous faites, ce n’est pas de la tapisserie! C’est un véritable matériau, que les architectes peuvent s’approprier, transformer, pour en faire quelque chose d’autre!” Il nous a “forcés” à faire des cônes et des
nappes acoustiques.

de Bordeaux vers le monde…

Notre atelier est aujourd’hui installé à Gradignan, tout près de Bordeaux, et l’idée de délocalisation ne nous intéresse pas vraiment. Pourtant j’ai souhaité, très tôt, développer une action significative en direction des marchés étrangers. Un goût – sans doute une tradition à Bordeaux – et une disposition naturelle qui vient probablement de mon enfance: dans ma famille, on était émerveillé par la vitalité et l’optimisme des pays plus jeunes qui avaient prospéré après la guerre de 1940, comme l’Afrique du Sud, l’Australie, la Californie… Et j’ai été élevé, ainsi que mes frères et soeurs, tourné vers ces pays-là. Aujourd’hui, Texaa réalise une partie significative de son chiffre d’affaires à l’exportation.

artisanat industriel…

Nous n’y parvenons pas toujours, mais nous essayons de mériter les bons clients (et de ne pas dépendre de clients moins bons). Comme des artisans qui vivraient au rythme de paysans : faire travailler le temps, nous préparer aux mauvaises saisons comme aux bonnes. Persister paysans dans un monde de guerriers? C’est le pari que nous faisons. Le goût de bien faire passe par les gestes, parfois simples, de personnes souvent peu visibles. Mais à la fin, il se perçoit dans l’“âme” de certains produits, ceux qui nous émeuvent et qui sont un peu plus que leur simple fonction. Ils ont reçu, me semble-t-il, quelque chose en plus, qui n’a pas été compté.

les compagnons de route

Fabricants de mousses, de fibres, filateurs, teinturiers, apprêteurs… Nous avons, avec la majorité de nos fournisseurs, une relation de longue date et un vrai partenariat industriel. Ce genre de fidélité suppose une prise en compte réciproque des nécessités de chacun. Quand j’ai commencé, il y a trente ans, nos fournisseurs “textile” étaient des grandes maisons prospères qui maîtrisaient des techniques complexes. Malheureusement depuis quelques années nous assistons, impuissants, à l’effondrement de ce secteur, conséquence du renoncement de l’Europe à ses connaissances en matière d’industrie textile. Beaucoup, aujourd’hui, ont perdu une grande part de leurs débouchés, et donc de leurs savoir-faire… Mon ami Daniel Dartois, artiste, savait ce qu’est une fibre, un fil, le tissage de haute et basse-lice, le tricot… Il a été mon premier initiateur: c’est lui qui nous a familiarisés avec le textile et c’est avec lui que nous avons choisi nos premières mailles. Pendant longtemps, il bâtissait notre gamme de couleurs, s’occupait de la mise en page de nos documentations et nous conseillait sur la mise au point de nos produits. Il fonctionnait sans a priori de bon ou de mauvais goût, mais avec une très grande curiosité qui l’avait conduit à accumuler une culture gigantesque. Daniel nous a appris à savoir repérer nos limites – humaines ou matérielles – pour s’appuyer sur elles: “faire avec” mais faire le mieux possible, toujours. Après sa disparition, j’ai souvent remarqué, dans nos collaborations ultérieures avec des créateurs, cette façon de fonctionner, à la fois pragmatique et confiante: avant tout, ils demandent à connaître nos contraintes.

Lorsque s’est posée la question de construire de nouveaux ateliers, j’ai interrogé Alain Triaud. Nouvelle rencontre. Le premier regard extérieur et bienveillant, sur nos produits. Pendant plusieurs années, je ne voyais pas à quelle autre personne demander un conseil. Voilà un architecte qui maîtrise parfaitement l’acier, le béton et le verre. Nos “petits trucs” sont des signes de confort très évidents dans ses architectures. Et ce contraste m’intéresse.
Quand il s’est agi de trouver un coloriste, Alain nous a proposé de travailler avec Christine Bernos qui met au point nos gammes successives de couleurs depuis maintenant plus de dix ans.

Comment faire appel à un designer? Je ne parvenais pas à me résoudre à cette démarche. Dès notre première rencontre, j’ai précisé à Guillaume Martin que je ne souhaitais pas fabriquer des objets signés, ou “design”: il m’importait avant tout de préserver la fonctionnalité de nos produits. Guillaume a développé une véritable curiosité par rapport à nos techniques, nos contraintes et nos processus pour inventer avec nous les moyens d’améliorer
l’existant et d’aller plus loin. Une attitude très exigeante et très modeste qui continue à prévaloir dans la collaboration régulière que nous avons engagée avec lui depuis maintenant plusieurs années.

Quant aux presse papier, qui conçoivent nos catalogues, ce sont nos révélateurs: ils nous montrent des choses que nous ne voyons pas. Un  compagnonnage sur la longue durée, qui fait avancer notre histoire autour de projets partagés.»

Extrait du catalogue Texaa de 2012
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