Conversation dans le cadre
des journées européennes
de l'architecture

Texaa persiste, depuis maintenant près de quatre décennies, à suivre son propre chemin qui s’écarte bien souvent des sentiers balisés.

Invitée à prendre la parole au musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg, dans le cadre des journées européennes de l’architecture 2014 qui avaient pour thème les « 1001 couleurs de l’architecture » 1, l’entreprise choisissait de donner la parole à quelques-uns des acteurs de son histoire pour tenter de mettre à plat les mécanismes d’une aventure industrielle née d’une intuition, bâtie sur quelques convictions et nourrie de rencontres déterminantes. L ’alchimie entre ténacité et perméabilité à l’air du temps, entre résistance et acceptation du monde tel qu’il est, est plus subtile qu’il n’y paraît…

Texaa était donc représentée, ce 4 octobre 2014, par Matthieu Demptos, actuel dirigeant de l’entreprise, Grégoire Comby, chargé du service commercial, et Christine Bernos, architecte et coloriste conseil pour Texaa. Marie Bruneau, designer graphique au sein de l’atelier 2 qui a accompagné le développement de la communication de Texaa pendant de longues années, conduisait cette conversation. Ensemble, ils ont parlé de textile, d’acoustique et d’architecture, trois mondes abordés (colorés ?) du point de vue de la couleur.

Marie Bruneau : Bonsoir à tous. Je dois tout d’abord préciser que Texaa, avec deux « a », n’a rien à voir donc avec le Texas, avec un « s », ni avec le film Paris Texas de Wim Wenders – d’autant plus que les ateliers Texaa sont installés près de Bordeaux. Ce nom est un « acronyme », c’est-à-dire un sigle qui se prononce comme un mot ordinaire, sans épeler les lettres qui le composent. Texaa donc, pour textile, acoustique et architecture. Pour ceux qui ne connaissent pas Texaa, voici ce qu’en dit leur site internet 3 : « Texaa conçoit, développe et fabrique des panneaux, écrans, tentures et objets permettant d’améliorer le confort acoustique d’une grande variété d’espaces. Composés d’une mousse absorbante habillée d’une enveloppe textile transonore disponible dans une gamme de 24 coloris, les différents produits Texaa sont tricotés et assemblés en France, près de Bordeaux. » Ce soir, nous allons essayer, ensemble, de déplier un peu cette histoire, et de regarder quel rôle joue la couleur dans ce projet… Matthieu Demptos, peux-tu nous en dire un peu plus sur Texaa, en commençant peut-être par le mot « textile » ?

Matthieu Demptos : À l’origine, la société qui s’appelait alors Fatexaa, pour « fabrique de textiles aérés et ajourés », tricotait un textile avec une maille très ouverte, qui servait essentiellement à fabriquer des sandales, des sacs et des chaussures de plage : un peu le genre de choses que l’on trouve, en été, sur les marchés. C’est, paraît-il, en tombant par hasard sur ces produits que quelques acousticiens se seraient avisés de l’intérêt qu’il pourrait y avoir à placer ce type de textile très ajouré, donc « transparent » au son, devant une mousse absorbante. Nos premiers essais dans le domaine de l’acoustique seraient nés de cette intuition. Mais l’entreprise, qui avait un passé assez florissant, n’a pas eu la force de résister à la crise du textile, et quand mon père l’a reprise à la fin des années 1970, elle était en train de péricliter. Il a fait le choix d’abandonner les autres fabrications et de développer cette activité autour de l’acoustique architecturale, qui semblait sur le point d’émerger. Ainsi le nom a évolué vers Texaa, avec un sens nouveau pour les deux « a » : « acoustique » et « architecture ».

Si, à l’origine, l’assemblage mousse-textile était uniquement une affaire de contrecollage, nous avons développé par la suite d’autres pratiques, soit en confectionnant des housses qui servent à habiller les absorbants sous forme de panneaux ou d’objets dotés d’une forme, soit en réalisant des tentures.

Dans nos ateliers, nous avons aujourd’hui deux métiers à tricoter sur lesquels nous fabriquons notre textile dans une maille spécifiquement choisie pour son dessin et sa transparence au son. Cette maille a évolué au fil des années, pour renforcer certaines caractéristiques essentielles à son association avec des mousses ou des feutres. Ce textile, l’Aeria, c’est un peu notre signature. C’est grâce à ce savoir-faire – allons, disons le mot : unique ! – que nous avons pu développer la large gamme de solutions que nous proposons aujourd’hui.

Marie Bruneau : Effectivement, quand on prend dans sa main un morceau d’Aeria, on se rend compte que ce textile est vraiment une matière singulière, à la fois très simple et très technique…

Matthieu Demptos : Tous nos produits sont habillés de l’Aeria – en tout cas jusqu’à aujourd’hui – et rien que nos produits puisque nous ne vendons pas ce textile pour un autre usage. Son grain particulier, à la fois très marqué et devenant très discret dès que l’on prend quelques mètres de recul, est le résultat d’un patient travail de mise au point à la fois technique et esthétique : il s’agissait en effet de parvenir à fabriquer une maille supportable à l’œil sur de grandes surfaces à une époque où tout le monde en avait un peu assez d’employer des produits textiles dans le bâtiment. Le déploiement trop systématique de mètres carrés de moquettes en revêtement de sol et de mur ayant produit les ravages que l’on sait… Depuis trente ans, nous n’avons jamais cessé de nous poser ces questions de grain et de texture, et elles sont encore aujourd’hui l’objet d’un travail de réflexion et d’expérimentation souvent invisible, mais permanent. Le premier numéro de la revue éditée l’an dernier par Texaa était d’ailleurs consacré au textile et à sa place dans l’architecture.

Cependant le travail sur la maille n’est que la partie la plus visible de notre recherche. Ce qui fait notre unicité – et qui fait d’ailleurs l’objet d’un brevet exclusif – c’est l’alchimie des matériaux que nous employons et la façon dont nous les travaillons qui permettent à nos produits d’avoir des caractéristiques très au-delà des exigences réglementaires, en France et à l’international, notamment du point de vue de leur comportement au feu et de leur résistance au vieillissement. Aujourd’hui, lorsque nous déposons des matières que nous avions posées il y a plus de vingt-cinq ans, nous ne mesurons aucune perte de qualité, ni au feu, ni en acoustique, ni du point de vue mécanique.

Marie Bruneau : Grégoire Comby, en tant que responsable commercial, tu as participé activement à une grande partie de l’évolution des produits Texaa : tu en connais donc bien l’histoire… Comment est-on passé d’une expérimentation qui présente, dans ses débuts, toutes les caractéristiques d’une sorte de bricolage à la mise au point des composants acoustiques pour l’architecture, tels que nous les connaissons aujourd’hui ?

Grégoire Comby : Au départ, les produits Texaa intéressaient principalement les acousticiens qui les appréciaient pour leurs hautes performances en matière de correction acoustique. Tout était alors pensé du point de vue technique, et les questions de design, de couleur et de maille passaient à l’arrière-plan de nos préoccupations. Cette orientation bien spécifique nous désignait tout naturellement pour réaliser des aménagements techniquement très exigeants : studios d’enregistrement, salles de cinéma, de concert, etc., c’est-à-dire des lieux spécialisés où les questions acoustiques sont essentielles. L ’un de nos premiers grands chantiers, par exemple, a été l’équipement des studios d’enregistrement de la Maison de
la radio, à Paris. Et, par un curieux hasard, tout près d’ici à Strasbourg se trouve un autre de nos chantiers historiques : les murs des douze salles de commissions du Palais de l’Europe ont en effet été traités avec la première génération de produits Texaa, en… 1977 ! C’est-à-dire, il y a 37 ans.

La question de l’acoustique est donc à l’origine du projet Texaa, et elle est toujours au cœur de notre système. Ce sont les acousticiens – ou plus exactement certains d’entre eux – qui nous ont progressivement emmenés vers d’autres préoccupations de nature plus spécifiquement architecturale. Je pense en particulier à Jean-Paul Lamoureux qui a joué un rôle essentiel dans l’histoire de Texaa : passionné d’architecture, il fut un des premiers à réussir à porter le message de l’acoustique vers les architectes qui, à cette époque, ne s’en préoccupaient pas vraiment – ou bien, s’ils avaient à le faire, le vivaient comme une contrainte supplémentaire. Il faut dire à leur décharge que les solutions proposées étaient alors assez marquées, pour ne pas dire vraiment lourdes : intégrer une matière absorbante dans l’architecture, c’était encore quelque chose d’assez difficile à imaginer… Quant à l’idée, pour un architecte, de s’associer les compétences d’un acousticien, elle était loin d’être évidente !

Ce n’est plus le cas aujourd’hui, mais il y a quelques années encore, rares étaient ceux qui faisaient la différence entre les notions d’absorption et d’isolation. Nos produits sont des absorbants. On les utilise dans des volumes pour apporter du confort en corrigeant les effets de réverbération sonore.
S’ils étaient, dès l’origine, techniquement très efficaces du point de vue acoustique, ils n’étaient pas encore vraiment tout à fait prêts à s’intégrer dans des architectures exigeantes. Mais nous avons essayé d’être à l’écoute des besoins des architectes, et très attentifs à l’évolution des problématiques d’acoustique intérieure : c’est ce qui nous a conduit, pas à pas, à intégrer des préoccupations d’ordre plastique dans la conception de nos produits –
à commencer par celle de la couleur. Tout l’enjeu consistait alors à travailler sur une expression plus discrète. Ensuite, nous nous sommes efforcés de déployer progressivement toute une palette de solutions pour accompagner l’architecte dans son geste de conception…

Marie Bruneau : Concrètement, qu’en est-il aujourd’hui de vos relations avec les architectes ?

Grégoire Comby : C’est notre travail au quotidien de comprendre leurs questions pour essayer d’imaginer avec eux des solutions adaptées à leurs projets et à leurs contraintes, y compris de coût. Nous considérons nos produits comme une matière acoustique à déployer dans des volumes, assortie d’une boîte à outils de solutions techniques de mise en œuvre. Mais il est parfois nécessaire, pour répondre aux besoins spécifiques d’un projet, d’envisager des réalisations sur mesure (une mise en teinte spécifique, par exemple). Nous essayons de prolonger cet accompagnement le plus loin possible, c’est-à-dire jusqu’au chantier : étant donné le soin extrême que nous portons à tous les stades de la fabrication de nos produits, nous savons l’importance qu’il y a de maintenir cette exigence jusqu’à leur installation. Concrètement, nous nous sommes donc attachés, d’une part à mettre en place un réseau de personnes qui, au-delà d’être des « commerciaux », sont capables d’assumer ce rôle de professionnels, et d’autre part de nous appuyer sur un réseau de « poseurs » spécialisés qui connaissent nos produits et savent les mettre en œuvre.

Marie Bruneau : Matthieu, peux-tu dire en quoi et comment cette relation si particulière que vous entretenez avec les architectes, et cette implication de Texaa dans leurs projets, vous ont conduit à faire évoluer vos produits ?

Matthieu Demptos : Notre relation avec les prescripteurs (architectes, architectes d’intérieurs, acousticiens, et même parfois certaines entreprises) s’établit à travers des personnes comme Grégoire, que l’on désigne communément par le terme un peu réducteur de « commerciaux ». Vus de l’intérieur de l’entreprise, ils sont nos poumons. Ils jouent ce rôle d’interface entre l’intérieur et l’extérieur  de Texaa : conception, développement et fabrication du côté intérieur et projets, chantiers, prescripteurs, installateurs et maîtres d’ouvrage de l’autre.

À l’origine, Texaa déployait des mètres carrés de textile pour traiter les surfaces réverbérantes. L’effet de répétition n’a pas manqué de se faire sentir, et ce sont les architectes, lassés de ce type de solutions, qui nous ont forcés à chercher d’autres façons de faire.

En considérant l’évolution technique des mousses absorbantes, nous avons essayé de réfléchir autrement, et nous en sommes venus à penser qu’il ne
fallait plus forcément chercher à recouvrir des surfaces entières, mais plutôt à densifier le principe actif de manière à pouvoir déployer moins de matière pour une qualité de correction équivalente. Nous nous sommes alors équipés d’une chambre réverbérante pour tester différentes hypothèses, et nous avons imaginé la possibilité de décoller le produit absorbant de la surface des murs et plafonds : c’est la naissance de ce que nous nommons « traitement acoustique par l’objet », dont Texaa est l’un des précurseurs.

Aussitôt surgit une nouvelle problématique : qui dit « objet », dit « design », et à partir du moment où nos produits se présentent comme des objets
à placer dans des volumes, la question de leur forme et celle de leur couleur deviennent un enjeu important. Or, nous ne sommes ni designers, ni coloristes ! Nous avons alors renforcé les liens déjà noués avec certaines personnes, notamment plusieurs architectes parmi lesquels Alain Triaud,
dont l’agence avait construit nos ateliers à Bordeaux (agence LAH /AT 4). Et Christine Bernos, qui travaille avec Alain, a accepté de se pencher sur
notre gamme de couleurs. Nous nous sommes également associé les compétences de deux designers, Guillaume Martin et Michaël Damen,
agence k_now5.

Marie Bruneau : J’ai dit tout à l’heure que l’Aeria était une matière à la fois très simple et très technique. Il me semble que c’est aussi, et peut-être surtout, une couleur : on n’a affaire ni à une peinture, ni à une tapisserie, ni à un papier peint, c’est une matière colorée « dans sa masse ». Comme c’est le fil lui-même qui est teint, la couleur est en quelque sorte injectée à la source…

Christine Bernos, c’est donc toi qui as vraiment engagé l’entreprise dans une réflexion sur la couleur. Aujourd’hui, alors que tu es en train de finaliser
la création d’une nouvelle gamme de couleurs pour 2015, comment penses-tu ton travail pour Texaa, en tant qu’architecte et en tant que coloriste ?

Christine Bernos : Je fais une distinction très nette entre mon rapport à la couleur en tant qu’architecte et ce qui se passe quand je réfléchis à la mise au point d’une gamme pour les produits Texaa. Je travaille au sein d’une agence d’architecture qui, comme c’est le cas dans la plupart des agences françaises aujourd’hui, a plutôt une certaine retenue par rapport à l’emploi de la couleur. Dans ce contexte, je suis une sorte d’électron libre. J’aime la couleur et je m’attache à l’employer, particulièrement dans l’architecture intérieure.

La position que j’adopte quand je travaille pour Texaa est un peu différente : il ne s’agit pas d’intervenir ici en tant qu’architecte, mais pour des architectes, des architectes d’intérieur, des maîtres d’ouvrage – c’est-à-dire pour des personnes qui doivent choisir des matériaux, et qui ont besoin d’un instrument de relation avec la couleur. Cet instrument, c’est une gamme – un glossaire, un répertoire – de 22 couleurs.

Marie Bruneau : 22 couleurs, c’est beaucoup ? C’est peu ?

Christine Bernos : Bien entendu, c’est une limite et c’est bien ce qui me faisait peur au début ! Mais j’ai bien vite appris à aborder cette question exactement comme je le fais pour n’importe quel projet d’architecture, qui suppose de se plier à certaines règles, notamment celles qui sont formalisées dans le programme : on fait avec ! Si la gamme comprenait 5, 24 ou 100 teintes, le travail en serait peut-être différent mais, au fond, la question posée serait toujours la même. Avoir des contraintes, ça fait partie du projet, ça sert à avancer, à organiser les relations entre chaque élément de l’ensemble… ça sert aussi à expliquer les choses.

Je suis architecte, pas théoricienne de la couleur : je travaille donc à partir de mon ressenti. Réfléchir sur une gamme, c’est penser chaque couleur comme potentiellement intéressante pour l’architecture, et c’est aussi imaginer son association avec d’autres couleurs. Je m’efforce pour cela de défendre deux positions : la première, c’est de préserver une déclinaison assez conséquente de teintes en camaïeux de valeurs (en particulier pour les gris). La seconde, c’est d’affirmer la présence de la couleur « en soi », avec un choix de couleurs franches permettant d’opérer « par touches », de manière à pouvoir réveiller et qualifier une ambiance un peu trop impersonnelle…

Marie Bruneau : Tu te situes ici dans une relation de travail sur le long terme. Ta réflexion a sûrement évolué, la façon de t’y prendre aussi…

Christine Bernos : Oui, depuis quinze ans l’expérience est venue ! Ma toute première proposition avait été d’abandonner certaines teintes qui me semblaient des «non-couleurs », c’est-à-dire des choix que l’on fait quand on ne sait pas trop que décider – en particulier certains tons de beige et de gris très neutre –, et de proposer une dynamique colorée et vive pour accompagner les produits nouveaux, notamment les premiers objets acoustiques – cônes et cubes. Plus tard, les propositions se sont orientées dans une direction « nature », avec une base de tons de gris – colorés ou non –, associés à des couleurs vives.

Ce qui est passionnant dans cette expérience, c’est aussi la relation entre couleur et matière : au cours des années, le rendu final du textile fabriqué par Texaa, et son « grain » ont évolué. On a changé de point, réglé la densité, en cherchant à affirmer de vraies couleurs, et de vraies valeurs… et ce n’est pas fini !

Marie Bruneau : Comment fais-tu pour décider du moment précis où certaines teintes demandent à être ajustées par rapport à une gamme déjà en place ?

Christine Bernos : Je suis toujours très intéressée par la mode, le design, le cinéma… Bref, par tout ce qui se passe aujourd’hui. Pourtant nous n’avons pas, comme dans la mode, une collection qui change à chaque saison ! La nôtre doit durer plusieurs années. Je me souviens de la première gamme : ma question, alors, c’était de chercher comment poser des couleurs qui puissent «tenir » pendant au moins 3 ou 4 ans en gamme… Je considère systématiquement chaque nouvelle gamme dans sa globalité. Je commence par y inclure une variation sur les couleurs de base : les rouges, les verts, les bleus, les jaunes, sans cesser de continuer à travailler une vraie palette de gris, ce qui permet d’avoir des choses relativement sobres et simples à utiliser – neutres. Pour autant, je ne change pas toutes les teintes à chaque renouvellement de la gamme. Avec cette contrainte, toujours la même, mais toujours nouvelle, qui est de maintenir une cohérence, tout en l’actualisant…

Pour moi, il n’y a pas de bonne ou mauvaise couleur, et toutes les positions, tous les choix sont possibles. Chaque couleur existe, en soi ; elle devient intéressante si on la décline en plusieurs teintes dans un dégradé de camaïeux, ou bien si on la confronte avec d’autres couleurs. Les oranges de la nouvelle gamme, par exemple, fonctionnent très bien en association avec un gris, mais on peut aussi les travailler avec des verts, ou bien avec des violets… C’est exactement ce je m’efforce de proposer dans cette dynamique de couleurs : à la fois un caractère d’unité et la possibilité de créer des accords très divers.

Je précise que les produits Texaa sont exclusivement pensés pour des espaces intérieurs. Dans une pièce, on a un sol, des murs, du mobilier… et on se confronte avec un assemblage de matériaux qui ont chacun leur personnalité, leur couleur : du béton, du verre, différentes essences de bois…, etc. L’important, dans une gamme, c’est donc de retrouver des accords (fins ou contrastés, subtils ou provocants, tout est possible !) avec les matériaux qui existent déjà.

Je regarde toujours avec une grande curiosité les projets de mes confrères qui jouent avec les potentialités offertes par les couleurs de la gamme et
j’ai souvent de belles surprises ! Mais ce qui me rassure toujours, c’est de savoir que si quelqu’un considère que la gamme proposée n’est pas suffisamment étendue pour répondre à sa demande sur un projet donné, il existe toujours la possibilité, chez Texaa, de créer une teinte spécifique. Ce qui, finalement, arrive assez peu depuis quelques années…

Marie Bruneau : J’aimerais que nous revenions sur le titre de cette présentation : « couleur, acoustique et architecture », pour tenter de comprendre en quoi, pour vous, ces trois mots fonctionnent en synergie. En tant qu’architecte, quel lien fais-tu entre couleur et architecture ?

Grégoire Comby : La couleur, pour moi, c’est la spatialité. C’est son pouvoir d’unir, de séparer, d’intégrer… De faire disparaître ou de mettre en avant, d’accentuer. La couleur donne de la profondeur : elle aplanit ou elle met en relief. Elle est indissociable de la lumière dans notre perception de l’espace. Elle est une part essentielle de l’architecture.

Marie Bruneau : Et quid de la relation entre couleur et acoustique ?

Matthieu Demptos : Nous sommes dans un domaine qui concerne nos perceptions sensorielles et le plus souvent nous avons d’un lieu un sentiment – et non plusieurs ! Nous faisons inconsciemment une synthèse entre les différentes dimensions d’un lieu : colorées, sonores, volumique, etc. Quand, par exemple, nous intervenons en correction acoustique sur un espace déjà en fonctionnement, on ne peut pas évacuer la dimension plastique notamment parce qu’introduire du textile dans un bâtiment, c’est un acte fort : tous les sens sont concernés. Alors on peut vouloir accentuer, envoyer un signal intense de confort – par exemple si la zone traitée est isolée dans un ensemble plus bruyant – ou au contraire rechercher la discrétion, la délicatesse si le traitement concerne l’atmosphère d’un espace entier. Il ne s’agit pas de maquiller, mais bien de qualifier un espace pour sa destination.

Marie Bruneau : On me dit qu’il est temps de conclure… Je vais me permettre de jouer avec les mots et avancer l’idée que, chez Texaa, le confort acoustique et la couleur ont « maille à partir », l’un avec l’autre, de manière indissociable. C’est-à-dire que l’ambition de l’entreprise, c’est de
les travailler ensemble pour proposer des composants acoustiques au service du projet architectural. On pourrait dire alors que, dans ces dispositifs et ces matières que produit Texaa®, il y a tout à la fois une dimension acoustique, une dimension de couleur et une dimension architecturale – l’objectif étant de permettre aux concepteurs de traiter du confort acoustique mais également de qualifier et de construire des ambiances colorées, c’est-à-dire d’écrire dans l’espace avec des formes, des matières et des couleurs…

Merci.

1. Les journées européennes de l’architecture sont organisées chaque année par la Maison européenne de l’architecture – Rhin supérieur, en Alsace, dans le Bade-Wurtemberg et dans la région de Bâle.
http://www.ja-at.eu

2. http://www.pressepapier.fr

3. https://www.texaa.fr

4. http://www.lahat-architectes.com/fr/projets-date.html#projet-51

5. http://www.k-nowdesign.com

Extrait de la revue n°2 de Texaa, 2014
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